La terreur Zeppelin 1914-1916
Par Fabrice Thery


Peter Strasser
(1876-1918)

 

I- Comment le Zeppelin devient un bombardier stratégique, entre 1914 et 1915.


L’acharnement payant de toute une Allemagne.

La foi du Comte von Zeppelin dans le dirigeable rigide a permis la conception d’aérostats toujours plus performants. Renforcée par la ferveur populaire du Wurttemberg puis de l’Allemagne toute entière, elle permet bientôt aux allemands de s’imposer comme la première nation mondiale du dirigeable. Le Comte profite du soutien du Kaiser Guillaume II, à partir de 1908 et de l’appui de certains financiers puissants et d’ingénieurs de renom pour mettre au point des techniques inédites dans le domaine aérien. Très tôt, Frederik Necker, son cousin genevois, également actionnaire du projet, le met en relation avec l’aérostier suisse Alexandre Liwentaal. Celui-ci devient ingénieur pour Zeppelin à Friedrichshafen et invente en collaboration avec von Duttenhofer (spécialiste militaire en explosif) un procédé révolutionnaire : la Ballonine.
Ce produit est réalisé à base de nitrate de cellulose, qui donne aux cellules d’hydrogène une étanchéité presque totale, en augmentant la résistance de la toile. Liwentaal imagine et fait réaliser également le matériel adéquat pour la production de masse de ces toiles caoutchoutées imbibées. Un test de quatorze jours sur une cellule gonflée à l’hydrogène ne décèle presque aucune perte de poids ou de portance. Avec l’apparition de la Ballonine, la perte subie jusque-là en 24 heures par une enveloppe de Zeppelin (112 litres/m2) se réduit à 8 litres/m2 et même à 4,2 litres/m2 en 1904, après amélioration du procédé ! En quelques années de recherche et de développement, Zeppelin a rattrapé et même dépassé l’avance technologique que les français détenaient depuis presque trente ans !

De la première compagnie aérienne commerciale à la première flotte de guerre du Kaiser.

Même s’il s’interroge sur la viabilité du dirigeable Zeppelin, du fait de son coup énorme de fabrication et de maintenance, le Comte reste fier de son œuvre et notamment du développement de la DELAG. Sa société, première véritable compagnie aérienne commerciale au monde, utilise les Zeppelins pour proposer à la haute société, un circuit de tourisme panoramique en altitude qui est à l’époque révolutionnaire . Le prix du billet pour deux heures de vol s’élève à environ 200 Marks. L’affaire marche bien et des aérodromes sont bientôt créés à Frankfurt am Main, Baden-Oos, Düsseldorf, Gotha, Leipzig, Hambourg, Dresde et à Berlin-Johannisthal. Les dirigeables en service dans la compagnie reçoivent même des noms de baptême :


LZ-8 « Deutschland II» et LZ-10 « Schwaben », service à compter de 1911
LZ-11 « Victoria Luise » et LZ-13 « Hansa », service à compter de 1912
LZ-17 « Sachsen », service à compter de 1913

La DELAG a fait preuve de sa fiabilité et n’a jamais pendant cette période connu d’accident avec victimes durant ses vols. Lors des tests de la compagnie toutefois, ou hors période de vol, quatre mésaventures fâcheuses auront lieu.
Le LZ-6, est détruit accidentellement dans son hangar, à Badenn-Oos, en 1910. Le LZ-7 (Deutschland n°1), est accidenté sans possibilité de réparation, au-dessus de la Forêt Teutoburg, le 28 juin 1910. le LZ-8 (Deutschland II) est gravement endommagé le 16 mai 1911 et ne sera jamais remis en état, après avoir percuté le mur de son hangar lors d’une tempête. Enfin le 28 juin 1912, LZ-10 (Schwaben) prend feu, lors de conditions météorologiques similaires, alors qu’il se trouve amarré sur sa base de Düsseldorf. Suite à ces accidents au coup financier colossal, le service perd un peu de sa régularité et sera même interrompu en hiver, lorsque les conditions météo sont trop dégradées.

Avec l’entrée en guerre de l’Allemagne, certains zeppelins de la DELAG sont réquisitionnés et convertis en version militaire. Parmi eux, on trouvera bien sûr les dirigeables les plus récents comme le Victoria Luise, Le Hansa et le Sachsen. L’Armée dispose alors de 10 Zeppelins (elle en recevra trois autres entre le 03 août et le 31 décembre 1914) mais la Marine plus faiblement dotée n’en possède alors qu’un seul (elle s’en verra attribuer cinq dans la même période). La Marine allemande a acquis un certain retard sur l’Armée. Son premier dirigeable, le L-1 n’est mis en service qu’à partir d’octobre 1912 et il n’existe encore à cette époque aucune base aéronavale. Un terrain commercial civil à Hambourg sert donc temporairement de base opérationnelle au L-1 qui peut ainsi commencer à patrouiller en mer du Nord. Leur second aérostat, plus long que le précédent et baptisé L-2, entre en service le 9 septembre 1913.

Le même jour, pris dans une violente tempête en mer du Nord, le L-1 est détruit et 19 membres de son équipage périssent noyés. Parmi eux, se trouvent le Commandant du dirigeable, le Lieutenant de Vaisseau Hanne et le Capitaine Metzing, patron de la toute nouvelle branche navale d’aérostats. Il s’agit de la première perte de Zeppelin avec victimes. Le sort s’acharne contre la Marine qui perd le L-2 dès le 17 octobre 1913, lors d’une démonstration à Berlin. Un moteur explose durant le vol-test, alors qu’il vient d’atteindre une altitude de 200m. L’enveloppe explose à son tour, tuant tout l’équipage et ses passagers, soit 32 hommes. La Marine devra attendre la livraison du L-3, le 11 mai 1914, pour le voir remplacer. Cette malchance va être montée en épingle par l’Armée qui accuse les marins aérostiers d’incompétence et réclament l’exclusivité de l’utilisation du Zeppelin.

 


Cette rivalité durera jusqu’à la fin de la première guerre mondiale. La marine, vexée, fera donc un effort particulier en sélectionnant très rigoureusement l’équipage du L-3, puisqu’on ne confie pas les machines les plus coûteuses de l'Empire, à n’importe qui. Le lieutenant de vaisseau Fritz est désigné comme commandant du dirigeable. Il a sous ses ordres un équipage de 33 hommes, cinq mécaniciens, cinq navigateurs, cinq canonniers, cinq mitrailleurs, plus des observateurs dont la formation dans la Marine a pris plusieurs années. Il faut dire que le L-3 est le premier d’une nouvelle série de Zeppelins disposant de 2000Km d’autonomie et d’un emport de deux tonnes de bombes.

Le bilan des 5 premiers mois de guerre pour les zeppelins.

Les expéditions menées par les Zeppelins en 1914, ont pour objectif prioritaires des cibles militaires. Mais les fréquentes erreurs de navigation, la force du vent et la précision très aléatoire due aux méthodes rudimentaires de bombardement, ne manque pas de faire des dégâts collatéraux. De nombreuses victimes parmi les civils innocents sont rapidement déplorées. Alors que la France et la grande-Bretagne n’ont tiré qu’un bénéfice négligeable de leurs dirigeables, l’Allemagne du Kaiser avec ses Zeppelins géants est en passe de réussir à terroriser les populations civiles et à déstabiliser les militaires par des alertes multiples et des bombardements nocturnes meurtriers. Hormis les nuits de pleine lune ou de tempête qui interdisent aux dirigeables de voler, chaque nuit peut sans préavis, se teinter d’angoisse et de cauchemar. Fin 1914, seul les britanniques ont pour l’instant été épargné par les raids. Les alliés cherchent une parade pour contrer au plus vite les attaques. On met au point les projecteurs de recherche en altitude et on développe l’artillerie antiaérienne pour tenter de protéger les cités. L’aviation n’est pas encore considérée comme une arme de combat mais plutôt comme un service de renseignement. Il faudra encore des mois avant que la chasse soit développée et dispose d’appareils capables d’atteindre l’altitude où évoluent impunément les Zeppelins.

Sur le plan militaire, l’Armée qui alignait 10 Zeppelins en a perdu 8 (soit un taux de perte de 80 %). Mais elle en a reçu trois nouveaux entre le 3 août et le 31 décembre (LZ-26, LZ-29 et LZ-30). Elle ne dispose donc au 1er janvier 1915 que de cinq machines. La Marine, faiblement dotée (un seul dirigeable à l’entrée en guerre) a perçu cinq nouveaux dirigeables. En dehors de sa participation active à la bataille navale d’Héligoland, ses missions ont été cantonnées à la lutte anti-sous-marine, le repérage des champs de mines navals et la reconnaissance. Malgré le raid de Cuxhaven qui a visé ses installations le 25 décembre, sa flotte de Zeppelins demeure intacte et elle peut se targuer de disposer, début 1915, de la totalité de son potentiel avec six machines opérationnelles. C’est très probablement cette différence de disponibilité en matériel qui décidera le Kaiser à confier à la Marine, le premier raid contre l’Angleterre, le 19 janvier 1915.

Chronologie des pertes de l’armée en 1914 :

13 juin 1914 : Le LZ-19 est gravement endommagé lors d’une tempête. Il ne sera jamais remis en état.

6 août 1914 : Le LZ-21 est endommagé à basse altitude, lors du bombardement sur Liège. Il tente de rejoindre Cologne mais son arrière baisse dangereusement. Il s’abat dans une forêt près de Bonn, provoquant sa destruction.

14 août 1914 : Le lieutenant aviateur français Cesari et le caporal Prudhommeau attaquent les hangars à Zeppelin sur le terrain de Metz-Frescaty. Leurs bombes mettent le feu à la structure, détruisant le LZ-9 et le LZ-12, alors que les deux zeppelins jugés obsolètes, viennent d’être réformés par l’Armée.

21 août 1914 : Les Zeppelins LZ-22 et LZ-23 sont abattus par le feu de l’infanterie et de l’artillerie Françaises, durant une reconnaissance au-dessus de l’Alsace. Le LZ-22 est forcé d’atterrir en Lorraine, près de St Quirin.
Le LZ-23 est atteint par des projectiles d'une batterie de 75mm du 65ème Régiment d'Infanterie Territoriale, au dessus de Badonviller. Il doit se poser d’urgence derrières les lignes françaises, au lieu dit « Les Colins ». L’équipage ne parvient pas à l’incendier et 4 hommes seront fait prisonniers. Le trophée est «pillé» par les soldats français.

06 septembre 1914 : Pendant la bataille de Tannenberg, le LZ-20 dirigé par le commandant Lohmüller est abattu par l’artillerie russe. Il atterrit à Mlawa (actuelle Pologne) et son équipage est fait prisonnier alors qu’il tente de mettre le feu au dirigeable endommagé.

8 octobre 1914 : Le LZ-25 qui a déjà mené des missions de bombardement dans le Nord de la France est détruit dans Son hangar par une bombe britannique, lors du raid aérien sur Düsseldorf (larguée par le Sopwith Tabloïd du Flight Lieutenant Reginald Marix, RNAS). Il fut le dernier Zeppelin produit avant guerre.

L’année 1914 prend fin avec un dernier bombardement en France, par temps de brouillard. Nancy est frappé par surprise le 26 décembre et reçoit 7 bombes sur le cour Léopold. Les vitraux de la Basilique Saint Epvre sont pulvérisés et on dénombre 2 tués. Dès le début de l’année 1915, de nouveaux Zeppelins vont sortir des usines allemandes, trois pour l’Armée (LZ-34, LZ-35 et LZ-36) et un pour la Marine (LZ-36). Leurs effectifs opérationnels sont donc portés à huit dirigeables chacun. Mais en regard des pertes subies et du coup unitaire très élevé (environ dix millions de marks), les résultats obtenus par les Zeppelins ne sont pas très encourageants.
Certes, la Pologne, la Belgique et la France ont fait l’objet de raids parfois meurtriers (notamment à Varsovie, le 09 décembre, où 18 bombes font 90 morts et 50 blessés). Mais les dégâts sont, somme toute, minimes. L’impact psychologique sur la population civile est par contre sans précédent. Il n’est guère difficile d’imaginer la peur de tous ces hommes et ces femmes, n’ayant bien souvent rien vu d’autres dans le ciel que des oiseaux. Combien de nuit d’angoisse vont-ils subir, en entendant au-dessus de leurs têtes le vol de mastodontes, capables de pulvériser le quartier où ils vivent ! Les allemands ne tardent pas à tirer partie de cette terreur inspirée par le Zeppelin. Bientôt ils envoient leurs zeppelins attaquer les grands centre ennemis.
Le bombardement stratégique vient de naître…

II - 1915 : les raids continus pour affaiblir les deux grandes puissances alliées.

Un objectif ambitieux qui s'avère ruineux.

Après les résultats encourageants constatés lors du raid mené par 3 Zeppelins sur Great Yarmouth (l’un d’entre-eux devra faire demi-tour, suite à des problèmes techniques) et d’autres villes du Comté de Norfolk, l’Etat-major allemand va généraliser les bombardements contre ses ennemis. Il tente d’instaurer une terreur psychologique chez les civils et d'amoindrir le potentiel industriel de ses adversaires. Le ciel désormais appartient à sa force aérienne qu'il utilise intensivement pour tenter de couper les voies d’approvisionnement britanniques vers la France. Pour les aérostiers, il s'agit désormais de réduire les distances et le temps de vol en installant des bases de Zeppelins en territoire occupé. Dans ce but, les allemands transforment un terrain d’aviation au Nord-ouest de Bruxelles. Celui-ci sera opérationnel dès juin 1915. Il s’agit de la base de Haren-Evere où est implanté un gigantesque hangar, d’une dimension de 180 m de long, 22 m de haut et 34 m de large.

L’Allemagne attaque conjointement la France et l’Angleterre dès le premier mois de 1915. L’apparition rapide de nouveaux Zeppelins (10 nouveaux dirigeables, numérotés de LZ-34 à LZ-43, sortent des ateliers pendant les six premiers mois de l’année) permet d’intensifier les raids. Une véritable terreur va bientôt régner dans les villes.
Le Zeppelin est vu partout, de jour comme de nuit. Des policiers confondent des nuages allongés avec des aérostats en approche. Cela imprécisions provoquent même parfois des erreurs et des tirs fratricides ! Déjà dans le secteur de Reims, le 24 août 1914, le dirigeable français « Dupuy de Lôme » a été abattu par erreur par l’artillerie. D’autres tragiques méprises similaires ont lieu et se traduisent par la destruction du « Mongolfier » puis du « Conté », ce qui conduit le commandement français à faire suspendre tous ses vols de dirigeables.

Les bombardements sur le territoire français.

En France, Les allemands s’en prennent aux ports où débarquent troupes et matériels, aux villes du Nord et de l'Est et à la région parisienne. Calais, la nuit du 23 février est la cible du Zeppelin LZ-29. La gare des Fontinettes et les voies ferrées sont bombardées à 04h20, mais elles ne subissent que de légers dégâts. Une bombe tombe néanmoins sur une habitation, occasionnant 5 morts. Le couvre-feu est établi à la suite de l'attaque. Dès le 5 mars, des observateurs signalent de nouveau des Zeppelins au dessus de Calais mais également à Boulogne. Il s’agit en fait d’un raid programmé contre la Grande-Bretagne. Le même jour, le LZ-33 s'écrase près d'Ostende après avoir été touché par des tirs au-dessus de Nieuport. Son objectif était effectivement les côtes britanniques. Paris, la capitale, est prise pour cible, dès le 07 mars 1915. Une autre tentative est faite dans la nuit du 20 au 21, sans plus de résultats. Un des deux dirigeables a été immédiatement pris dans le faisceau des projecteurs, placés près de la tour Eiffel. Une autre attaque le 22 mars visera la gare St Lazare et la gare du Nord. Calais et sa gare ferroviaire sont bombardés à nouveau le 18 mars, par le LZ-26 alors que la ville est masquée par le brouillard. Le Fort-Nieulay, les voies de chemin de fer, le boulevard Gambetta ainsi que la cathédrale Notre-Dame sont touchés. On déplore 7 tués et 10 blessés. La « cité des bourgeois » connaît encore un raid le 21 mars mais sans subir de dégâts cette fois.
Elle se trouve bombardée une 4ème fois, le 17 mai. Le Zeppelin lâche ses bombes sur le Fort Nieulay, faisant quelques victimes. Il est cependant atteint par l’aviation et regagne péniblement sa base de Maubeuge.
Nancy connaît un second raid dans la nuit du 11 au 12 avril. Sept bombes allument des incendies dans la ville mais ne font pas de victimes. Le 13, c’est Bailleul dans le Nord qui est bombardé par le LZ-35, du Commandant Masius.
Il y aura 4 tués. Devenu la proie de l’artillerie, ce Zeppelin tombe près d’Aeltre en Belgique, au niveau du pont qui franchit le canal de Bruges à Gand. Quatre hommes de l'équipage sont tués et tous les autres sont blessés. Le 26 avril, un quartier populaire de Calais est de nouveau frappé, il y a 30 victimes, tués et blessés dont de nombreux enfants.

Le 07 juin 1915 cependant, l’action courageuse d’un pilote du RNAS va éviter à cette ville de subir un énième raid.
Ce jour-là, quelques appareils du 1st Squadron RNAS ont quitté leur base de Dunkerque pour une mission de bombardement, sur la nouvelle base de Zeppelins de Haren-Evere. Sur l'objectif, les aviateurs parviennent à toucher un hangar. L’incendie provoqué détruit le LZ-38, auteur du premier raid contre Londres et d’autres contre Harwich, Ramsgate et Southend on Sea. Mais un autre dirigeable, Le LZ-37 a échappé à l’attaque car il a décollé un peu auparavant, pour une mission de bombardement sur Calais. Il se trouve au large des Flandres quand il est repéré par les appareils du RNAS rentrant de leur raid. Le Flight Sub-Lieutenant Reginald Alexander John Warneford, à bord de son Morane-Saulnier Type L, dispose encore de 6 petites bombes. Il prend en chasse le dirigeable jusqu’au dessus du secteur de Gand, puis, malgré les tirs de mitrailleuses, tente de piquer vers lui et de lâcher se bombes sur l’enveloppe. La dernière atteint son but et incendie le LZ-37 sur toute sa longueur.
Une explosion extrêmement violente désintègre alors le Zeppelin dont les débris tombent aux alentours du Couvent St. Elizabeth, sur le Mont Saint Armand.
Celle-ci souffle également le chasseur britannique en lui coupant son moteur. Warneford parvient néanmoins à rattraper son piqué mortel, puis atterrit sans casse. Après 35 minutes de réparation, il décolle à nouveau pour rentrer vers sa base. Le jeune pilote est décoré de la Victoria Cross pour son attaque héroïque. Il se tue accidentellement le 17 juin, alors que le Maréchal Joffre vient de lui remettre la Légion d’honneur.
D’autres bombardements auront encore lieu sur le sol français, comme à Nancy et à Calais, le 28 juillet.
Calais déplore peu de dommages mais Nancy compte une douzaine de victimes.

L’appui symbolique des dirigeables Schütte Lanz.

En 1915, la Luftschiffbau Schütte-Lanz, est l’autre compagnie allemande spécialisée dans les dirigeables rigides.
Elle a été créée après le désastre du LZ-4, en avril 1909, par le professeur Johann Schütte et l’industriel Karl Lanz. Leurs travaux ont porté essentiellement sur l’amélioration des performances, du design et de l’aérodynamisme des dirigeables militaires. La structure du Schütte-Lanz est en bois et reprend le principe de celle du Spiess français.
L’Allemagne qui en a déjà acquis un premier exemplaire en 1912, le SL-1. Lors de son entrée en guerre, elle doit accroître au plus vite sa dotation en dirigeables et fait alors appel à cette compagnie parallèlement à la Luftschiffbau Zeppelin. Mais les Schütte-Lanz vont se révéler d’une grande fragilité, notamment au service de la Marine.
Leur structure en bois supporte très mal le climat marin et l’humidité fréquente régnant sur les bases d’aérostats de la mer du Nord. Au début de la guerre, seul le SL-2 est opérationnel, son prédécesseur le SL-1, ayant été détruit.
Cinq dirigeables (de 153 à 162m de longueur) seront produits au cours de l’année 1915 (numérotés de SL-3 à SL-7). Leur appui à la flotte de Zeppelins va se révéler peu efficace. Trois Schütte-Lanz seront perdus avant la fin de 1915 dans des conditions accidentelles.
Le SL-5 endommagé par mauvais temps lors de son second vol, est forcé d’atterrir à Giessen (Grand Duché de Hesse). Il ne peut être remis en état et sera déclassé le 5 juillet 1915.
Le SL-6 (D-1), affecté à la base navale de Seddin, en Poméranie, est entièrement détruit le 10 novembre. Les causes de son explosion demeurent inconnues. Enfin, Le SL-4 (C-2) opérant sur le front Est, est perdu le 14 décembre lorsque la toiture de son hangar s’effondre sur lui, suite à une accumulation de neige.
Malgré les faibles résultats obtenus, le Kaiser fait appel à la Schütte-Lanz pour produire 8 dirigeables en 1916 afin de maintenir son potentiel de bombardement stratégique.
Le caractéristiques des Zeppelins sont modifiées une nouvelle fois à la fin du premier semestre 1915. A compter de juin, les versions sortant d’usine seront des types P, à l’allure plus effilée que le type M. Ces dirigeables ont une longueur de 163,5 mètres et un diamètre de 18,70 mètres. Ils sont équipés de 4 moteurs Maybach HSLu qui leur confèrent une vitesse de croisière de 97 km/h. Le premier de la série est le LZ-41. Il devient le L-10 pour être confié à la Marine.
Les type M sont produits en même temps que le type Q, version mise au point à la fin de 1915. Les type Q ont une enveloppe du même diamètre que le M mais il sont un peu plus long (178,5 mètres) et surtout moins rapides.

Tenter de mettre à genoux l’Angleterre.

Après Great Yarmouth, d’autres centres importants de Grande-Bretagne reçoivent la « visite » des Zeppelins. Newcastle on Tyne, le 13 avril, est touché par une douzaine de bombes qui tombent sur son arsenal et sur les dépôts de la Navy. Aucune victime n’est à déplorer. Le lendemain, la côte Nord-Est est visée et Blyth, Wallsend, et South Shields sont bombardés. Les allemands ambitionnent la destruction des centres industriels et des chantiers navals sur la Tyne. Le 16, les bombes pleuvent sur Lowestoft et Maldon ; deux chevaux sont tués et un immeuble est détruit.
Les raids s’intensifient et le 26 avril, trois sont menés contre Canterbury, Sittingbourne et Faversham. Le 27, c’est le secteur de Colchester qui reçoit sept bombes. Les frappes sont de plus en plus proches de Londres.

Le 11 mai 1915, après le début des offensives en Artois, le Haut Commandement allemand ordonne des attaques de dirigeables continues sur l'Angleterre. Les Zeppelins effectuent leur premier bombardement sur Londres, le 31 Mai 1915. Celui-ci, mené par le tout récent LZ-38 (mis en service le 03/04/1915) du Hauptmann Erich Linnarz, fait 7 victimes (4 enfants, une femme et deux hommes). 35 autres civils sont également blessés et les dégâts matériels provoqués par les 1500Kg de bombes incendiaires et conventionnelles sont importants (une bombe tombe sur Trafalgar Square). Ils sont estimés à 19000 livres. Les tirs rageurs mais impuissants des batteries antiaériennes, placées autour de la ville, ne fait qu’accroître la détresse et le sentiment d’apocalypse de la population civile.
De nombreux éclats et billes de plomb (shrapnells), retombent en pluie sur la capitale, mutilant des bâtiments et blessant quelques personnes. Le raid sur Londres a surtout un sérieux impact psychologique sur la population de la capitale. Les civils savent maintenant qu'ils ne peuvent plus compter sur la mer entourant leur royaume ou sur leur puissante marine pour être protégés de toute attaque. Le cœur de l'empire, pourtant bien éloigné du front, se trouve désormais exposé aux horreurs de la guerre.
Le printemps 1915 est assez clément et permet la multiplication de raids nocturnes. Bientôt, plusieurs secteurs sont touchés par les Zeppelins (Edinburgh, Gravesend, Sunderland, les Midlands, le Home Counties et de nouveau Great Yarmouth). Les villes situées à l’embouchure de l’Humber sont attaquées, ainsi que le port d’Hardwich qui subit des destructions importantes. Le gouvernement britannique préfère passer ce raid sous silence pour ne pas reconnaître que mêmes ses bases navales ne sont plus à l’abri des frappes. La presse reçoit l'ordre de ne pas ébruiter les effets des bombardements pour ne pas « renseigner les allemands ». Dans la nuit du 6 juin, la côte Est de l’ île est de nouveau la cible des sinistres dirigeables. Les dégâts sont cete fois considérables. On dénombre 24 tués et 40 blessés.
Parfois, les objectifs visés sont le fruit d’un pur hasard. Le 13 Octobre, par exemple, le Zeppelin L-16 commandé par l’Oberleutnant zur See Werner Petersen reçoit pour mission de bombarder à l’Est de Londres, le secteur de East Ham et de West Ham, puis de faire mouvement au Nord pour Bombarder Stratford. Le dirigeable se perd, et largue finalement 18 bombes explosives et 30 incendiaires sur Hertford. Le bilan sera de 9 tués et 15 blessés. Les anglais vont encore subir 19 autres raids de Zeppelins en 1915 durant lesquels quelques 37 tonnes de bombes seront larguées et occasionneront 636 victimes (181 tués et 455 blessés).

Bilan et leçons de l’année 1915.

Marine :

LZ-27 (L-4) : Pris dans une tempête, est obligé d’atterrir à Blavandshuk, au Danemark, le 17 février 1915.
L’équipage est interné mais 4 hommes parviennent à fuir.

LZ-24 (L-3) : Pris le 16 février dans une tempête de neige fondue, tombe en panne de moteur et doit se poser au Danemark (Ebsjerg). 16 hommes d’équipage sont internés. Le dirigeable est détruit le 17 février 1915 lors d’un fort coup de vent.

LZ-33 (L-8) : Endommagé par tir de mitrailleuses lors d’un combat aérien au dessus de Nieuport. Il s’écrase dans une forêt à Tirlemont, au Sud d’Ostende, le 4 Mars 1915. 21 membres d’équipage sont tués.

LZ-28 (L-5) : Opère dans le secteur Nord de la mer Baltique. Touché le 06 août 1915 par des tirs antiaériens russes, est forcé de se poser. Les dégâts sont irréparables.

LZ-43 (L-12) : Commandé par l’Oberleutnant zur See Werner Petersen est sérieusement endommagé par la DCA au-dessus de Douvres, le 10 août 1915, alors qu’il rentre d'un raid sur Londres, Harwich et la région de l’Humber.
Il s’abîme en mer mais parvient à être remorqué par un bateau allemand jusqu’à Ostende où il est détruit par le feu. Petersen prendra plus tard le commandement du L-16.

LZ-40 (L-10) : Dirigeable ayant participé au premier raid sur Londres. Détruit le 3 septembre 1915, après avoir été touché par la foudre près des îles de Neuwerk (secteur de Cuxhaven).

LZ-52 (L-18) : Brûle accidentellement dans son hangar, sur la base de Tondern, le 17 novembre 1915.

Armée :

LZ-29 : Tente de rentrer alors qu’il est mortellement touché par les défenses antiaériennes, lors du raid sur Paris, le 21 mars 1915. S’abat aux environ de St Quirin (Moselle).

LZ-35 : Touché le 13 avril 1915, par le feu ennemi lors d’un raid sur Bailleul et Poperinghe. Atterrit d’urgence à Aeltre (Belgique). Il est ensuite achevé par une tempête.

LZ-30 : Opère en Pologne lors de raids contre Varsovie et Grodno. Détruit accidentellement le 20 mai 1915.

LZ-38 : Détruit dans son hangar, sur la base de Haren-Evere, le 07 juin 1915, lors du raid du 1st Sqd RNAS.

LZ-37 : Détruit en combat aérien le 07 juin 1915, par le Flight Sub-Lieutenant Reginald A. E. Warneford, 1st Sqd RNAS.

LZ-34 : Opère sur le front Est. Gravement endommagé par tirs ennemis le 21 juin 1915. Détruit par incendie suite à son atterrissage forcé près d'Insterburg. (Russie).

LZ-47 (LZ-77) : Gravement touché par un projectile durant le raid sur Londres dans la nuit du 14 au 15 septembre 1915. Rejoint sa base miraculeusement. Il est réparé et remis en service en janvier 1916.

LZ-11 (Victoria Luise, Ex DELAG) : Devenu dirigeable école, est détruit le 1er octobre 1915, suite à une rupture de l’enveloppe, lors d’une tentative d’amarrage à son hangar.

LZ-44 : Victime d’un crash le 08 octobre 1915, il percute une colline par mauvais temps. Classé irréparable, il est démantelé.

LZ-39 : Endommagé sérieusement par shrapnells lors de l’attaque sur Rovno (Ukraine), le 17 décembre 1915.
Le dirigeable rejoint une base d’atterrissage d’urgence mais il ne peut être réparé.

Concernant la Marine, 7 Zeppelins ont été détruits sur une flotte opérationnelle qui en compte 19, (4 sur les 13 nouveaux mis en service en 1915). Soit un taux de perte avoisinant les 37%, dont la moitié est due à des accidents.
L’Armée qui alignait une flotte de 18 dirigeables, en a perdu 10 (5 détruits et 1 endommagé sur les 13 entrés en service en 1915). Deux ont été perdus par accident. Son taux de perte est de plus de 55%. Les dommages subis par les deux Armes sont donc très importants et force est de constater que les Zeppelins sont particulièrement vulnérables aux mauvaises conditions météorologiques. Le bilan total de 1915 est de 17 Zeppelins détruits dont seulement 7 en opération (le LZ-47 endommagé sera remis en service). Ceci représente bien plus du tiers du potentiel de bombardement (37 dirigeables). La flotte d'aérostats n’a obtenu que peu de succès probants. On note toutefois l’attaque audacieuse du Zeppelin L-9, dirigé par le Commandant Mathy. Le 30 avril 1915, il s’attaque à trois sous-marins britanniques et en endommage sérieusement un, au niveau de son kiosque.
L’Angleterre a été la cible principale des bombardements, subissant une vingtaine de raids. 37 tonnes de bombes ont été larguées sur son territoire, tuant 181 personnes et en blessant 455. La France a également connu une douzaine d’attaque. La guerre sous-marine à outrance et les bombardements de Zeppelins font peser une menace très sérieuse sur le potentiel industriel britannique et sur l’acheminement des troupes et des matériels vers le front Ouest.
Pour les britanniques, il s’agit de changer la donne au plus vite et de casser le mythe de l’invulnérabilité allemande. Vers la fin de 1915, le Haut Commandement anglais donne l'ordre d’attaquer les complexes industriels allemands.
Le 41st Wing est créé avec des unités du Royal Naval Air Service et du Royal Flying Corps. Les missions de ces deux services aériens sont redéfinies. Le R.N.A.S, opérant le plus souvent à partir de la France (Dunkerque), se chargera des bombardements stratégiques et le R.F.C s’attachera plus particulièrement au soutien des actions d'infanterie sur le front Occidental. La Navy quant à elle, reçoit la difficile mission de localiser puis d’attaquer les bases de Zeppelins. Dans ce but, elle transforme d’anciens navires afin de disposer d’une force aéronavale conséquente, avec un rayon d’action adéquat. En Angleterre, des Squadrons de chasse, en réserve, sont placés en alerte sur des aérodromes à proximité des grands centres. On tente de mettre au point des appareils plus performants dont la motorisation permet de prendre de l’altitude beaucoup plus rapidement. Côté armement, le Lieutenant de vaisseau Yves Le prieur commence ses travaux pour mettre au point une fusée explosive, emportée par avion et destinée à détruire les Zeppelins.
Les français ont entrepris quelques attaques audacieuses. Le 26 mai 1915, 17 biplans Voisin du 1er Groupe de Bombardement effectuent un raid sur des cibles militaires à Ludwigshafen, en Allemagne. De nouveau le 25 août, 62 bombardiers français participent à une attaque massive contre les haut-fourneaux dans la zone de Dilligen.
Les belges qui souhaitent également chasser la menace ennemie de leur ciel, ont créé leur propre aviation depuis 20 mars 1915.

Le vieux Graff von Zeppelin reconnaît lui-même que ses dirigeables ne sont pas le moyen le plus adapté pour le bombardement stratégique. Il admet volontiers que les résultats obtenus en regard des pertes subies est bien faible.
Il croit beaucoup plus au développement d’avions bombardiers géants et sa compagnie la VGO (Versuch Gotha Ost) s’échine depuis plusieurs mois à mettre au point un appareil expérimental. Ce prototype du bombardier lourd allemand Zeppelin-Staaken VGO1 vole pour la première fois le 11 avril 1915. Il sera rebaptisé Zeppelin-Staaken R1. Claudius Dornier travaille aussi sur un projet d’Hydravion géant. Le 21 décembre, il tente de faire voler son Zeppelin-Lindau RsI sur le sur le lac de Constance, mais il ne parvient pas à atteindre la vitesse de décollage.

III - La terrible année 1916.

L’année 1916, tournant de la guerre va voir les forces en présence se déchirer dans de longues batailles d’usure au prix humain dantesque (Verdun, La Somme). Le Kaiser compte encore beaucoup sur ses Zeppelins pour étouffer et mettre à genoux ses ennemis. Mais les bombardements des alliés sur les sites de production gagnent en efficacité.
Le pôle de Friedrichshafen devient trop vulnérable et les usines sont réparties en plusieurs points (Löwenthal, Postdam, Staaken), très en retrait du front. De ces fabriques sortiront de nouveaux types de dirigeables, à la taille phénoménale, au rayon d’action et à l’emport en charge mortelle encore accrus. La stratégie de bombardement évolue dans la seconde moitié de l’année. Les cibles militaires et industrielles sont peu à peu délaissées et ce sont les grands centres civils qui deviennent la cible privilégiée des Zeppelins. Désormais, seule la terreur compte et les alliés n’auront pas assez de mots pour qualifier les frappes aveugles des dirigeables. En Grande-Bretagne, on parle de piraterie, de terrorisme, de tueurs de femmes et d’enfants. Des attaques aériennes de représailles seront menées au cœur de l’Allemagne. Durant cette année terrible, l’Angleterre va encore recevoir 125 tonnes de bombes. Le bilan humain sera de 293 tués et 691 blessés. En 1916, la guerre devient totale sur terre, sur mer et dans les airs. Les Zeppelins opèrent désormais sur tous les fronts, dès que le temps le permet…

Le Zeppelin tueur de Salonique.

Depuis octobre 1915, les alliés, sous le commandement du Général Maurice Sarrail, ont ouvert un front Oriental en utilisant les troupes rembarquées des Dardanelles. Ils se sont englués dans l’expédition de Salonique afin de porter main forte aux serbes, envahis par les armées austro-allemandes et bulgares. Salonique devient un puissant camp retranché qui compte plusieurs centaines de milliers de soldats et dont l’approvisionnement se fait par la mer.
Afin d’ harceler cette important tremplin allié, une base de Zeppelins est hâtivement installée en 15 jours à Temesvar, dans le sud de la Hongrie. Mais le LZ-81, chargé de harceler Salonique, connaît de nombreux problèmes mécaniques et échoue dans toutes ses tentatives d’attaques. Le 27 janvier 1916, c’est donc le LZ-85 arrivant de Russie et commandé par le capitaine Ernst Scherzer, qui va prendre en compte le secteur d’opérations. Il effectue son premier raid dans la nuit le 31 janvier au 1er février 1916. Il arrive par la mer, au sud et trouve la ville entièrement illuminée ! Il bombarde alors la préfecture, le port, ses navires et ses installations dont des soutes à munitions, puis les casernes au nord-ouest. Cinq bombes tombent dans l’eau, mais il y a de nombreuses victimes civiles et militaires grecques dans les rues. A la suite de son exploit, le LZ-85 sera sinistrement surnommé « Le Zeppelin tueur de Salonique ».
Une seconde tentative d’attaque avorte dans la nuit du 8 au 9 février. Un vent furieux se lève et contraint le LZ-85 à un atterrissage forcé, au cours duquel une des nacelles est endommagée. Les avaries subies rendront le dirigeable indisponible pendant trois semaines. Le 17 mars 1916, le LZ-85 décolle pour un nouveau raid sur le port. En raison des conditions météorologiques, il est contraint à voler à basse altitude ce qui le met à portée des batteries antiaériennes. Pourchassé par l’aviation et touché, le dirigeable rebrousse chemin sans pouvoir atteindre son objectif.
Il lance quelques bombes qui tombent en pleins champs, près des villages de Vatiluk, Bunardje et Hares.
Elles ne causent pas de dégât. Plusieurs autres tentatives échoueront en raison des mauvaises conditions climatiques. Son dernier raid a lieu le 5 mai 1916. En passant au-dessus de la rade de Salonique, le Zeppelin est atteint par un premier tir provenant du pont avant du H.M.S. Agamemnon, puis par le "Torpedo boat" TB18 et enfin par les projectiles de la 23ème section d'autos-canons. Le dirigeable s'écrase dans les marécages de Koulakia, à l'Ouest de la ville. L'équipage, avant d’être fait prisonnier par la cavalerie Française, a le temps d’y mettre le feu afin qu'il ne tombe pas entier dans les mains de l'ennemi.

Le grand Raid sur Paris.

Dans la soirée du 29 janvier 1916, deux zeppelins, les LZ-77 (LZ-47) et LZ-79 (LZ-49) prennent leur envol pour mener un raid sur Paris. Le LZ-77 (LZ-47) survole Charleroi puis Maubeuge mais fait demi-tour en raison de problèmes mécaniques.
Le LZ-79 (LZ-49), du commandant Geissert, poursuit sa mission et largue 18 bombes sur la capitale. On dénombre 26 morts et 32 blessés. Les victimes auront droit à des funérailles nationales. Les bombes sont surtout tombées dans le 20ème arrondissement, dans le secteur des quartiers de Belleville et de Ménilmontant. Une station de métro est également touchée. Lors du trajet retour, le LZ-79, s’abat en Belgique. Le 30 janvier 1916, le LZ-77 est réparé.
Il retourne sur Paris avec d'autres dirigeables et revient sans problème à son port d'attache près de Namur, ayant causé peu de dégâts à la capitale. Un des dirigeable (LZ-49), néanmoins touché très sérieusement, sera classé irréparable. Ce sera le dernier raid de zeppelins contre la capitale française. Mais les bombardements continueront d’abord avec le fameux canon « Grosse Bertha », puis avec les incursions des bombardiers géants Gotha.
L’utilisation de ces deux dernières armes se révélera plus efficace, plus meurtrière et bien moins coûteuse que celle de dirigeables rigides.

Les Zeppelins dans le secteur de Verdun.

En janvier 1916, les allemands projettent d’envoyer leurs zeppelins bombarder Le Creusot pour détruire les installations minières et métallurgiques du groupe Schneider (concurrente de l'Allemand Krupp). Le raid n’aura finalement pas lieu en raison de mauvaises conditions météorologiques. L’ Etat-Major impérial à pourtant d’autres projets ambitieux pour ses dirigeables. Pour préparer son offensive décisive contre le saillant de Verdun, il compte pilonner les voies de communications françaises menant à la place forte. Le LZ-77 envoyé en mission dans ce but, fin janvier, parvient à détruire l'important échangeur ferroviaire d'Epernay. Alors que la terrible bataille de Verdun débute, les allemands tentent de couper par bombardement le réseau ferroviaire et d’isoler la Ville. Le 21 février, à la nuit tombée, les zeppelins LZ-77 (LZ-47), LZ-95 (LZ-65), LZ-88 (LZ-58) et le Schütte-Lanz SL-2 font leur apparition dans le ciel de Verdun. Ils prennent le relai de l’aviation qui a attaqué plusieurs fois le secteur au cours de la journée.
A Revigny sur Ornain, les bombardements font trois victimes civiles. Mais la 17ème Section d'auto-canons est en position depuis 18 heures, à 500 m du passage à niveau de Vautrombois. Vers 20h30, elle détecte, grâce aux faisceaux de cinq projecteurs, le LZ-77. Celui-ci longe la voie de chemin de fer Vouziers – Bar le Duc avec pour objectif la gare de triage de Revigny. Une pièce le prend pour cible et lui expédie 6 obus incendiaires alors qu’il se trouve à une altitude de 2500m. Le dernier coupe en deux le dirigeable qui commence à flamber. Touché à mort, le LZ-77 lâche ses bombes sans chercher à atteindre d’objectif et prend la fuite en direction de Brabant le Roi. Il s’écrase quelques instants plus tard, dans un champ à 1,5 km au nord de ce village, à 100 mètres de la voie ferrée principale. Les autres Zeppelins abandonnent leur mission et retournent vers leurs bases. Au-dessus de Vitry le François, le LZ-95 (LZ-65), entré en service 20 jours auparavant, est abattu par la DCA française. D’autres attaques auront encore lieu contre le territoire français, notamment à Etaples mais aussi à Dunkerque, dans la nuit du 02 au 03 avril 1916. 9 bombes sont larguées pour un bilan de 2 tués et 4 blessés.

La Grande-Bretagne sous le Blitz.

La nuit du 31 mars au 1er avril 1916, a lieu un nouveau raid des Zeppelins, mais cette fois toutes les machines disponibles sont engagées, ce qui ne s’est encore jamais produit. Deux escadrilles de six Zeppelins bombardent les comtés de l’Est tandis qu’un treizième Zeppelin, isolé, se dirige sur la côte Nord-Est. Il s’agit du LZ-48 qui sera abattu par des tirs anti-aériens. Le bilan de ce grand raid est lourd : 43 morts et 66 blessés. Dans la nuit du 2 au 3 avril 1916, le Zeppelin LZ-46 (L-14) commandé par le Kapitänleutnant der Reserve Aloys Böcker, bombarde Edinbourg. Le quartier de Leith est principalement touché entre 23h30 et 00h15, avec 24 bombes qui pulvérisent notamment le célèbre négoce de Whisky Innes and Grieves. L’attaque fait 11 tués et 24 blessés. Trois hôtels sont endommagés ainsi que la gare de Princes Street. Les Zeppelins cessent leurs bombardements à 00h55 et s’éloignent sans rencontrer d’autre opposition que quelques tirs de mitrailleuses désordonnés, provenant des collines au Sud de la Ville. Au cours du raid, un autre dirigeable le LZ-64 (L-22), commandé par le Kapitänleutnant Martin Dietrich, bombarde également la ville sans défense, vers 23h50. Les dommages sont faibles : quelques fenêtres soufflées et des carreaux brisés.
Un troisième aérostat le LZ-59 (L-20), se trouve rapidement à court de fuel lors du trajet retour. Il dérive et s’échoue près de Stavenger (Norvège). Le Kapitänleutnant Stabbert fait détruire le dirigeable. L’officier commandant et 15 hommes d’équipage seront faits prisonniers.

A la fin de mai 1916, on dénombre environ 550 victimes civiles britanniques tuées ou blessées lors des incursions de Zeppelins. Progressivement la riposte britannique s’organise et de nombreuses batteries antiaériennes sont déployées pour protéger les grands centres urbains. Des escadrilles du Royal Flying Corps sont également entrainées pour lutter contre le fléau Zeppelin et des filets anti-bombardement sont tendus un peu partout. L’aviation s’améliore et l’apparition de chasseurs modernes comme le célèbre Spad VII et le Sopwith Pup vont changer la donne.
La Navy se trouve en pleine mutation et songe à l’utilisation de chasseurs embarqués pour remplacer ses vieux hydravions poussifs. Elle a enfin localisé avec précision la base secrète de Zeppelins de Tondern et prenant le risque de sortir la marine impériale de sa torpeur, mène un coup de force avec quelques croiseurs, le 04 mai 1916. Celui-ci sera payant : les tirs des croiseurs légers HMS Phaeton et HMS Galatea atteignent le Zeppelin de la Marine LZ-32 (L-7) et l’incendient, alors qu’il quitte son hangar. Le dirigeable est obligé de se poser en catastrophe sur l’eau où il est achevé par le sous-marin britannique E.31.
Malgré tout, Londres est de nouveau frappée en mai 1916 (accidentellement) et l’Angleterre va connaître encore 23 autres raids. En juillet le Kaiser autorise les frappes aveugles sur les centres urbains…

Des dirigeables de plus en plus gigantesques.

A partir de la fin du mois de mai 1916, on voit apparaître un nouveau type de Zeppelin encore plus imposant que les précédents. Il s’agit de dirigeables géants de type « R », long de 198 mètres et d’un diamètre avoisinant les 24 mètres ! Le premier déclaré opérationnel sera le LZ-62 codifié L-30 par la Marine. 15 Zeppelins de ce type sont produits entre 1916 et 1917. Leurs enveloppes rigides, cloisonnées en 19 sacs, contiennent 55000 m3 d’hydrogène. Ils sont dotés de 6 moteurs Maybach de 240 chevaux et leur vitesse de croisière atteint 103 km/h. Ce modèle dispose également d’un poste de mitrailleur, placé en toiture, vers le nez, afin de lutter contre les attaques aériennes venant par dessus.
Le L-32 effectue en août sa première sortie en mer du Nord et le 24 du même mois, il opère son premier raid sur l’Angleterre. Un vent violent se lève et s’avère gênant. L’opération devient périlleuse et le Zeppelin géant ne peut atteindre Londres. Il se contente de larguer ses bombes sans dommage sur des navires au large de Douvres et rentre indemne à sa base d’attache. D’autres dirigeables fabriqués avant guerre sont à cette époque, jugés obsolètes et déclassés au cours de l’été puis à l’automne comme le LZ-13 « Hansa » (ex DELAG), le LZ-16 puis le LZ-17 « Sachsen » (ex DELAG). Le LZ-41 (L-11), conçu en 1915 est déclassé également.

La meute de Zeppelins, une aubaine pour la chasse britannique.

L’Etat-major allemand a conscience des pertes élevées subies par ses aérostiers. Elle décide vers la fin 1916, de changer de tactique. Désormais les Zeppelins n’agiront plus en isolés ou en binôme. Pour chaque bombardement, une meute de 7 à 10 Zeppelins sera utilisée afin de mener à bien la mission et d’obtenir des résultats tangibles.
Mais l’emploi de la meute se révèle un cuisant échec avec d’emblée de nombreuses pertes pour lez Zeppelins. L’aviation alliée s’affirme et revendique bientôt plusieurs dirigeables à son tableau de chasse. Le ciel de Londres devient un enfer pour les aérostiers. Le 2 septembre 1916, le dirigeable Schutte-Lanz SL-11 est détruit dans le Nord de Londres par le lieutenant W. Leefe-Robinson. Pour son exploit, le pilote obtient la Victoria Cross. Le 24 septembre, c’est au tour du Zeppelin LZ-74, au sein d’une meute de quatre dirigeables : LZ-72 (L-31), LZ-74 (L-32), LZ-76 (L-33) et LZ-78 (L-34), d’être abattus dans le même secteur. Le L-32, pourchassé, sera la victime du Second Lieutenant Frederick Sowrey (HDS N° 39, R.F.C), aux commandes d’un BE-2C. Il s’abat en flamme à Great Burstead, dans l’Essex. Le L-33, touché par la DCA et traqué par les appareils du Home Defense Squadron N° 39, n’aura guère plus de chance : il tente de s’alléger au maximum mais son commandant prend la décision de tenter un atterrissage d’urgence près de Little Wigborough (Essex), plutôt que de tenter de refranchir les côtes britanniques. L’équipage ne parvient que partiellement à détruire le Zeppelin. Le Génie en étudiant la carcasse détiendra bientôt les bases qui lui permettront de mettre au point les dirigeables britanniques de type R33 et R34.

Le commandement allemand ne démord pas, il croit détenir la bonne tactique d’emploi des dirigeables et renouvelle ses missions suicides. L’après-midi du 27 novembre, dix Zeppelins appartenant à la Marine (L-13, L-14, L-16, L-21, L-22, L-24, L-30, L-34, L-35 et L-36), quittent leur base de Nordholz pour un raid d’envergure sur l’Angleterre. L’objectif est les centres industriels des Midlands. A peine décollé, le L-30, commandé par le Kapitänleutnant Freiherr Treusch von Buttlar, subit une avarie. Son moteur tribord arrière s’échauffe et commence à brûler, le forçant à faire demi-tour. En vue des côtes britanniques, la meute se scinde en deux. Le premier groupe de 5 zeppelins atteint la côte entre Scarborough et la rivière Humber, tandis que les 4 derniers zeppelins, montent plus au Nord, en direction de la Tyne où ils sont bientôt dispersés par les faisceaux des projecteurs qui les ont repérés. Le L-34, rescapé de l’attaque du 24 septembre, lâche 13 bombes au-dessus de Black Halls Rocks, à 23h30. Son tir encadre les projecteurs de recherche mais ne les détruit pas. Il atteint ensuite West Hartlepool et largue 16 autres bombes qui endommagent quelques habitations, tuent 4 personnes et en blessent 11 autres. Mais sur la base de Seaton Carew, l’escadrille n° 36 du Royal Flying Corps est en alerte. Le Zeppelin à 2800 mètres d’altitude a été repéré par les projecteurs. Un BE-2C, piloté par le Lieutenant Ian Vernon Pyott monte bientôt à sa rencontre. L’appareil est à son altitude maximum et Pyott ne peut que tirer vers la queue du dirigeable qui tente de prendre plus de hauteur et l’accueille avec toutes ses mitrailleuses.
Alors que le pilote croit que le Zeppelin va s’échapper, celui-ci rougeoie, s’enflamme et explose en une boule de feu.
Le L-34 tombe à la mer, à l’embouchure de la rivière Tees. Après la perte du dirigeable, les trois autres zeppelins, font immédiatement demi-tour, sans bombarder.

Le second groupe d'attaque ne parvient guère mieux à effectuer sa mission de bombardement. Le L-14, commandé par le Hauptmann Kuno Manger, arrose Mappleton de ses 44 bombes mais ne touche quasiment rien. Le L-22 endommagé par l’explosion de shrapnells, tiré par la DCA du secteur de Howden, subit une perte de pression de son enveloppe.
Son commandant, le Kapitänleutnant Heinrich Hollender, comprend qu’il ne pourra revenir à Nordholz. Il se dirige vers une base plus proche et subit des dommages alors qu’il atterrit d’urgence à Hage. Le L-13 largue 24 bombes dans les champs aux alentours Barmby Moor. Près de York, il est pris dans un barrage dense de DCA. Il se débarrasse prestement de ses deux dernières bombes explosives et de 21 incendiaires sur les sorties Est de la ville.
Il y a deux blessés et quelques maisons sont soufflées. Le L-16 qui doit bombarder le secteur entre Barnsley et Wakefield attaque en fait au hasard les Comtés de l’East Riding et du West Riding sans faire de dommages ou de victimes. Allégé de ses 39 bombes, il repasse la côte au niveau de Scarborough, poursuivi par la DCA. Enfin, Le L-21 se trouve rapidement en difficulté. Repoussé vers le Nord, par les tirs antiaériens, au-dessus d’Atwick, il largue finalement une bombe sur Kidsgrove, trois sur Goldenhill et trois autres sur Tunstall. Il est bientôt décelé par des chasseurs du RNAS. Trois BE-2C le prennent à partie et parviennent à l’abattre, alors qu’il vient de repasser la côte à Lowestoft. Pour leur action, le Flight–Lieutenant Egbert Cadbury et le Flight Sub–Lieutenant Gerard William Reginald Fane se verront remettre la Distinguished Flying Cross. Le Flight Sub–Lieutenant Edward Laston Pulling sera décoré de la Distinguished Service Order. Le L-31, dernier rescapé de l’attaque du 24 septembre est détruit dans les mêmes conditions au Nord de Londres, par le Lt V. Tempest. Heinrich Mathy, le premier capitaine de dirigeable allemand périt avec la totalité de son équipage, lors de ce combat.

Des pertes colossales de dirigeables pour l’année 1916.

LZ-79 (LZ-49) : Touché lors d’un raid sur Paris, se crashe à Ath (Hainaut belge), lors de son atterrissage d’urgence, le 30 janvier 1916. Classé irréparable.

LZ-47 (LZ-77) : Abattu par la DCA française à Revigny, le 21 février 1916.

LZ-55 (LZ-85) : Touché par l’artillerie de l’HMS Agamemnon, le 05 mai 1916, il s’échoue dans les marais de Warder (Hollande septentrionnale).

SL-10 : Basé à Yambol (Bulgarie), disparait lors de l’attaque de Sebastopol (Ukraine), le 28 juillet 1916, peut-être victime d’une tempête.

SL-11 : Détruit en combat aérien, au Nord de Londres, le 2 septembre 1916.

LZ-56 (LZ-86) : Opère sur le front Est. Crashé le 03 septembre 1916, à l’issue d’un raid, après que ses deux nacelles contenant l’équipage se soient détachées de l’enveloppe du dirigeable.

LZ-51 (LZ-81) : Capturé près de Turnovo, en Bulgarie, le 27 septembre 1916.

LZ-39 : Détruit lors d'un atterrissage forcé, le 14 octobre 1916.

LZ-60 (LZ-90) : Se perd dans une tempête et disparaît en mer du Nord, le 07 novembre 1916.

Pertes de la Marine pour 1916 :

LZ-54 (L-19) : touché par un avion britannique au-dessus de la Mer du Nord, le 2 février 1916. Avec trois de ses moteurs hors d’usage, il est achevé près des côtes par l’artillerie hollandaise. L’équipage entier meurt noyé suite au refus d’assistance du chalutier britannique King Stephen.

LZ-48 (L-15) : Endommagé par tirs antiaériens au dessus de Dartford, fait naufrage dans l’estuaire de la Tamise à Kentish Knock, le 1er avril 1916. Les 18 membres d’équipage sont faits prisonniers.

SL-3 : Endommagé par des conditions climatiques extrêmes, restera au sol puis sera démantelé à Riga, le 1er mai 1916.

LZ-32 (L-7) : Détruit par les tirs du Galatea et du Phaeton, lors du raid de la Navy contre Tondern, le 4 mai 1916.

LZ-78 (L-34) : Commandé par le Kapitänleutnant Max Konrad Johannes Dietrich. Abattu à Hartlepool au Royaume-Uni, le 27 novembre 1916, en soirée.

LZ-61 (L-21) : Commandé par l’Oberleutnant zur See Kurt Frankenberg, est abattu en mer par trois chasseurs BE.2C du RNAS, équipés de balles incendiaires, le 28 novembre 1916. Son point de chute est estimé à 12 kilomètres à l’Est de Lowestoft, au Royaume-Uni.

LZ-31 (L-6) : Prend feu lors du rechargement de son enveloppe alors qu’il se trouve dans son hangar, à Fuhlsbuttel, le 16 septembre 1916.

LZ-36 (L-9) : Détruit dans son hangar par propagation du feu ravageant le LZ-31, le 16 septembre 1916.

LZ-72 (L-31) : Abattu en combat aérien le 23 septembre 1916, à Potters Bar, au Nord de Londres.

LZ-74 (L-32) : Abattu en combat aérien le 24 septembre 1916, près de Great Burstead, Essex.

LZ-76 (L-33) : Endommagé en combat aérien le 24 septembre 1916. Capturé (partiellement détruit) près de Little Wigborough dans l’Essex après son atterrissage forcé.

LZ-53 (L-17) : Détruit dans l'incendie de son hangar à Tondern, le 28 décembre 1916.

LZ-69 (L-24) : Détruit dans l'incendie son hangar à Tondern, le 28 décembre 1916.

SL-12 (E-5) : Détruit accidentellement le 28 décembre 191, après avoir heurté un gazomètre.

LZ-84 (L-38) : Sérieusement endommagé, opère un atterrissage forcé en Russie, le 29 décembre 1916.

Ce qu'il faut retenir de 1916.

Le changement de doctrine d’emploi des zeppelins en 1916 s’avère une catastrophe. Les alliés lassés de compter les victimes civiles innocentes, réagissent maintenant avec vigueur et parviennent sur terre, sur mer et même dans les airs à contrer le fléau Zeppelin. La mise en service des bombardiers géants de type Gothas (le Kampfgeschwader I est équipé de Gotha IV, en janvier 1916) va bientôt démontrer par ses résultats et son moindre coût que l’ère Zeppelin, du moins dans le domaine militaire, est révolue. 24 dirigeables en été perdus durant l’année (7 pour l’Armée et 13 pour la Marine, 4 Schütte-Lanz pour les deux Services). Les pertes en aérostiers qualifiés sont très importantes et le coût des machines perdues atteint un montant exorbitant. Vers la fin de 1916, les équipages de dirigeables allemands voient leur moral s'effondrer. Le 28 novembre, afin de redynamiser sa flotte de dirigeables agonisante, le Kaiser nomme par décret impérial, Peter Strasser : "Führer der Luftschiffe" ou Commandant en chef de la force de dirigeables. Strasser, alors âgé de 60 ans, vient d’être décoré le 20 août, de la prestigieuse « Blue Max », la croix « pour le Mérite ». Issu de la Marine-Luftschiff-Abteilung (Département naval des dirigeables), c’est un fervent défenseur du Zeppelin. Il a été le premier à commander un dirigeable lors des manœuvres navales de 1914 (à bord du L-3). Strasser, soucieux de redorer le blason terni des marins-aérostiers, va opter pour une nouvelle stratégie qu’il tentera de développer courant 1917. Mais pour cela il lui faudra un nouveau type de dirigeable, plus gros encore que ses prédécesseurs et pouvant voler toujours plus haut…

Sources :
Livres :
Les premiers avions de combat, hachette collection
Images de la première guerre mondiale, Ross Burns
La première guerre mondiale, Verdun, de Bernard Crochet et Gerard Piouffre.
Sites :
http://84eri.canalblog.com/archives/2007/11/23/6989822.html
http://www.gutenberg.org/files/29340/29340-h/29340-h.htm
http://www.hervedavid.fr/francais/14-18/Pillorget%20aviation%20article.htm
http://cdg.pagesperso-orange.fr/CDG151203.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Dirigeable_Type_33
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/premiere-guerre-mondiale/sort-civils.shtml
http://www.zeppelin-museum.dk/D/german/historie/zeppelin/zeppelin.html
http://www.cyanopale.org/ch/chronique16.htm
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http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_Sch%C3%BCtte-Lanz_airships
http://www.aeroweb-fr.net/histoire/1914
http://www.aeroweb-fr.net/histoire/1915
http://www.aeroweb-fr.net/histoire/1916
http://hydrogencommerce.com/zepplins/zeppelin5.htm
http://www.pionnair-ge.com/spip1/spip.php?article131
http://www.zeppelinfan.de/html-seiten/englisch/luftschiff_zeppelin.htm
http://themasq49.free.fr/index_fichiers/1418/Revigny/Zeppelin.htm
http://14-18.lecrivainpublic.net/scripts/travail.php?doc=490

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